Coronavirus – Les Damnés du COVID-19

La prise de conscience tardive du président de la République et du gouvernement aura sans doute un impact sanitaire majeur. A l’heure où sont rédigées ces lignes, des décisions qui vont à l’encontre des recommandations des meilleurs scientifiques, médecins et de l’Organisation mondiale de la santé sont prise de façon stupide par un Gouvernement qui semble avoir toujours un wagon de retard. Le maintien du premier tour des élections municipales de dimanche dernier en est le principal exemple.

Des milliers de Français vont probablement mourir directement du Covid-19. Nous faisons face à la plus grande crise sanitaire depuis au moins un siècle et notre système de santé, détruit par des décennies d’idéologie néo-libérale, ne pourra pas soigner tout le monde. Beaucoup de nos concitoyens mourront donc d’absence d’accès aux soins en raison des politiques mises en place par Agnès Buzyn et tous ses prédécesseurs depuis les années 1980. Ces gens devront rendre des comptes.

Probablement plus nombreuses encore seront les victimes indirectes des décisions politiques prises ou non prises face à ce terrible fléau. Ce seront, par exemple, les personnes ayant besoin de soins urgent qu’on ne traitera pas car tous les lits sont occupés par les malades du Covid-19.

Les tours de passe-passe de communicants-fous ne peuvent plus cacher la triste vérité : le pouvoir est incapable de gérer cette crise.

Nombreux sont ceux qui comme nous n’ont cessé de sonner l’alarme lors des catastrophes de la contamination au plomb suite à l’incendie de Notre-Dame de Paris, du désastre de Lubrizol ou de l’usine de retraitement des eaux à Achères. Nous avons proposé des solutions de bon sens pour rétablir le niveau de résilience de l’État en pareilles circonstances : investissement dans les infrastructures, rétablissement du contingent, renforcement de nos administrations, souveraineté pharmaceutique, véritable politique industrielle sur notre territoire… Nous constatons ensemble, dans l’amertume du moment, à quel point tout cela est important.

Nous appelons aujourd’hui chaque Français à se mobiliser, autant que possible, en restant chez lui, en portant assistance à ceux qui en ont besoin ou en soulageant nos hôpitaux, à participer à cette lutte nationale.

Demain, lorsque nous aurons vaincu le virus, viendront de nouveaux temps. Le système économique dans lequel nous avons vécu des dernières décennies ne survivra probablement pas. Déjà les marchés s’effondrent, les pays reprennent le contrôle de leurs frontières, le cours du pétrole s’affole. Dans cet univers incertain, les plus fragiles de nos compatriotes pourraient être les prochaines victimes indirectes du Covid-19. Il faut dès à présent venir en aide à ceux qui ne pourront pas faire jouer leur droit de retrait, bénéficier de l‘activité partielle ou du télétravail. L’État doit créer de façon urgente une nouvelle allocation universelle dont l’accès sera facilité et qui devra être d’un montant suffisant pour permettre à chacun de faire face à la crise. Mais cela ne sera pas suffisant car certains statuts posent des problèmes spécifiques.

Les autoentrepreneurs sont aujourd’hui livrés à eux-mêmes. La précarité de leur statut les expose, à très brève échéance, à sombrer dans une profonde misère. L’État doit agir vite pour obliger les banques à suspendre le remboursement des prêts contractés par ces travailleurs jusqu’à nouvel ordre. Les indépendants, qui vont perdre du jour au lendemain leurs clients mais devront toujours payer leurs charges, ont besoin d’un mécanisme automatique de compensation.

Le secteur de la culture sera lui aussi particulièrement impacté. Dans un pays placé en quarantaine, plus aucune manifestation ne pourra se tenir. Il faudra assurer aux intermittents que le mode de calcul des heures travaillées pour la période à venir se fera, a minima, sur la base de la période d’indemnisation précédente. Quant aux organisateurs de festivals, l’État doit leur permettre de faire fonctionner au mieux leurs assurances. Christophe Castaner, au lieu d’organiser les élections municipales, devrait, par exemple, déclarer sans délai l’état de catastrophe naturelle à l’échelle nationale. Par ailleurs, l’État peut réévaluer la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales à hauteur des subventions versées aux associations.

Le secteur du cinéma, déjà fragile, doit pouvoir bénéficier d’une dérogation immédiate sur la chronologie des diffusions : l’exploitation en salle devenant impossible, il est essentiel que les auteurs puissent immédiatement exploiter leurs œuvres sur les plates-formes dématérialisées afin de limiter les pertes importantes que cause la situation actuelle. De même, l’obligation d’exploiter en salle pour obtenir le compte de soutien doit être levée temporairement jusqu’à normalisation.

Les vacataires de la fonction publique font également partie de ces travailleurs les plus fragiles. Qu’il s’agisse des étudiants qui financent leurs études ou des personnes dont les vacations représentent leur principal revenu, la fermeture des administrations risque de les pousser vers la ruine. Il est donc essentiel de continuer à payer ces vacataires comme si leurs vacations étaient effectuées.

Les avocats seront également touchés par une perte de revenus importante. Bien que récemment maltraités par le gouvernement, ils constituent pourtant la pierre angulaire de notre État de droit. Ainsi, si des procès se tiennent à huis-clôt, ils devront être les garants du respect des droits de la défense. Il faut encourager les plaidoiries dématérialisés (webcam) pour tous les cas mineurs qui ne nécessite pas de jugement avec mandat de dépôt.

Les ravages des politiques néo-libérales ont eu une conséquence terrible : pour certains enfants, le seul véritable repas de la journée est celui qu’ils mangent le midi à la cantine. La nouvelle allocation universelle devra donc être augmentée pour chaque enfant à charge. Il y va de la santé de nos enfants mais aussi de leur capacité à construire leurs défenses immunitaires pour ne pas devenir des porteurs, sains ou malades, du virus.

Enfin, nous devons penser aux plus fragiles d’entre nous. Les personnes à la rue doivent toutes pouvoir bénéficier d’un abri sans tarder. Il y va de leur santé, mais aussi de celle de tous car laisser ces personnes dehors c’est créer autant de vecteurs potentiels du virus. Les réquisitions de logements vides, y compris les très nombreux Airbnb de Paris, doivent être mise en œuvre sans tarder et un dispositif d’accès à la nourriture et aux soins garanti aux plus démunis.

Enfin, nous pensons à tous ces Français fragiles bloqués chez eux. Les invalides, les vieux qui ne peuvent se déplacer et sont particulièrement vulnérables face au Covid-19 doivent compter sur la solidarité de la Nation. Un recensement des personnes dans le besoin doit être effectué par les pouvoir publics pour porter assistance lorsque cela est nécessaire. Chacun pourrait aider en signalant une personne vulnérable aux administrations et, s’il le souhaite et sans mettre sa santé ou celle des autres en péril, lui porter lui-même assistance. Il serait alors destinataire de moyens de protection contre le virus.

Le Covid-19 nous rappelle cruellement une chose : nous sommes tous humains. Le virus ne fait aucune différence entre le président de la République et le mendiant dans le métro parisien. Il n’a que faire de notre couleur de peau ou de notre sexe. Pour faire face, nous devons nous montrer plus unis que jamais et faire de la solidarité notre force. Comme le peuple italien nous l’enseigne avec huit jours d’avance en entonnant leur hymne aux balcons, nous devons nous retrouver et faire Nation. La belle Nation française dont la devise est liberté, égalité et, aujourd’hui plus que jamais, fraternité.

Pedro GUANAES NETTO – Responsable numérique de République souveraine

Bruno Ledemé – Responsable de la Commission Travail

Patrice Hemet – Responsable de Commission Culture

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