Mort annoncée de la Sécurité Sociale

L’Assemblée nationale a été hier soir le théâtre d’une révolution néolibérale sans précédent.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron fait prélever 3 milliards d’€ sur les fonds de la Sécurité sociale pour financer les mesures en faveur des Gilets Jaunes.

« Et en même temps », le même gouvernement exige que l’hôpital fasse 4 milliards d’économies, alors que tous les services d’urgence de France sont en grève depuis des mois, que l’Ile-de-France se prépare à 6 mois de grave crise sanitaire dans les urgences pédiatriques faute d’avoir assez de médecins, et que globalement l’hôpital, exsangue, manque de moyens pour assurer le service public de soins auquel peuvent s’attendre les Français.

Ce tour de passe-passe consistant à déshabiller Pierre pour habiller Paul – sauf que Pierre est en haillons – est déjà tragique en soi, mais il s’agit, et c’est plus grave encore, d’une volonté des députés LREM, du gouvernement et de Macron de saborder la Sécurité sociale.

En effet, par ce procédé, le gouvernement change la doctrine de la conduite du budget en siphonnant les fonds de la Sécurité sociale pour payer les dépenses de l’État, alors que ces deux budgets doivent traditionnellement être séparés et autonomes.

La méthode nouvelle consiste donc à réduire la dette de l’État sur le dos des Français et à aggraver la dette de la Sécurité sociale, laquelle présente cette année un déficit de 5 milliards. Pour des gens qui se sont présentés comme d’excellentes gestionnaires, on rigole – mais jaune tant le fait est grave.

Soyons certains de surcroît que d’ici quelques mois, avec la mauvaise foi qu’on leur connaît, ce gouvernement et les députés LREM expliqueront partout que « la sécurité sociale étant déficitaire » – ce qu’ils mettront au passage sur le dossier Gilets Jaunes -, il est nécessaire de la « reformer », c’est-à-dire, dans leur langage, de l’ouvrir à une privatisation accélérée.

Il aura fallu, en cette heure tardive, une présence massive des députés LREM et MODEM dans l’hémicycle pour commettre cette forfaiture anti-républicaine et anti-démocratique, tous les autres partis ou presque et même quelques députés LREM s’étant opposés à la non-compensation à la Sécurité sociale des mesures en faveur des Gilets Jaunes.

Malheureusement, ce qui ne s’était jamais fait auparavant – en tout cas, pas aussi ouvertement – vient de se produire.

En marche, tambours battants, vers la destruction de la Sécurité sociale.

Print Friendly, PDF & Email