Le 14 juillet 2020 en mode confinatoire !

Original ! Fêter la commémoration de la prise de la Bastille et de l’union de la Nation à huis clos, il fallait oser ! Surtout que la raison invoquée par le chef de l’Etat est liée à l’épidémie malgré la levée le 10 juillet de l’état d’urgence sanitaire. On avait connu l’Etat moins craintif à l’occasion des différentes manifestations telles que celle du 2 juin 2020 devant le palais de justice ou à l’occasion de la Fête de la musique le 21 juin.

Rappelons ici que le 14 juillet est la date symbolique du passage de la monarchie à la République. La prise de la Bastille c’est la manifestation d’un peuple qui est mécontent, qui a faim, se soulève avec les députés du tiers état et décide de marcher sur la Bastille, prison d’État qui symbolise l’absolutisme et l’arbitraire de l’Ancien Régime. Dès lors, la prise de la Bastille symbolise pour tous les Français la liberté, la démocratie et la lutte contre toutes les formes d’oppression. Le 14 juillet fut déclaré fête nationale le 31 janvier 1879. 

D’autre part, annoncer un 4 juin que la cérémonie du 14 juillet ne se fera qu’avec 2 000 participants et 2 500 invités triés sur le volet, alors qu’il reste quarante jours avant la date anniversaire de la fête nationale est étrange. On ne peut que s’interroger sur les véritables intentions du chef de l’Etat. 

Est-ce vraiment une raison sanitaire ? Rien n’est moins sûr. On peut plutôt penser qu’Emmanuel Macron, profitant de l’aubaine épidémique, a sauté sur l’occasion de couper court à tout “risque” d’expression d’un mécontentement populaire, qu’il prenne la forme de Gilets jaunes, d’une nouvelle manifestation contre les violences policières ou de revendications du personnel soignant. 

Quoi qu’il en soit, on assiste encore à cette occasion à un détricotage méthodique et constant de nos institutions et de nos symboles républicains. Il s’inscrit dans la suite logique de la trahison qu’a représenté la ratification du traité de Lisbonne par l’Etat le 4 février 2008, contre l’avis majoritaire du peuple français. Dans cette deuxième partie de mandat et alors que le résultat des dernières élections confirme la perte de toute légitimité du pouvoir en place, soyons méfiants et vigilants envers le bien-fondé des décisions du locataire temporaire de l’Elysée. 

Commission culture de République souveraine. Le 9 juillet 2020.

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