La guerre de l'eau aura-t-elle lieu ?

La guerre de l'eau aura-t-elle lieu ?
Photo by Peter Steiner 🇨🇭 1973 / Unsplash

Si le pétrole et le gaz, deux choses qui préoccupent le monde en ce moment, sont indispensables aujourd'hui à notre mode de vie, l'eau est depuis toujours indispensable à la vie elle même.

Des faits :
Juillet 2022 : Mois le plus sec jamais enregistré depuis le début des mesures en 1959, avec seulement 9,7 mm de précipitations, soit 84 % de moins que la normale.

Mars 2023 : Les événements de Sainte Soline 2 attirent l'attention sur le problème de l'accaparement de l'eau par quelques agriculteurs produisant généralement du pour l'exportation, ou/et pour l'alimentation des animaux, spoliant ainsi les autres paysans faisant de la culture vivrière.

Mars 2023 : Macron lance un grand « plan eau » structuré autour de 3 enjeux :

  • Sobriété des usages,
  • Optimisation de la disponibilité
  • Préservation de la qualité

Octobre 2023 : 15 projets de bassines sont annulés en Charente, Charente Maritime, dans les Deux Sèvres et dans la Vienne.

Décembre 2024 : 4 autres projets (dont celui tristement fameux de Sainte Soline) sont également déclarés illégaux.

Mars 2025 : Le ministère de la Transition écologique dresse un premier bilan du « plan eau » de Macron qui conclut qu'il est en cours de déploiement, avec une première évaluation jugée "en réussite".

Juin 2025 : Dès le printemps la situation pluviométrique s'est dégradée et en juin les précipitations ont chuté de 40 % par rapport aux normales saisonnières . En juillet, ce sont 68 % des sols français qui étaient touchés par la sécheresse.

Juin 2025 : Loi Duplomb, c'est peut-être passé un peu inaperçu, facilite l'obtention d 'autorisation de création de méga-bassines et modifie le cadre de protection des zones humides.

Novembre 2025 : Une mission parlementaire sur l'état des cours d’eau en France constate le mauvais état écologique des cours d'eau pour plus de la moitié d'entre eux. En quinze ans, la ressource en eau renouvelable a baissé de 14% en France, sous l'effet du changement climatique, des prélèvements excessifs et de l'évolution des usages des sols. L’objectif de 2027 (initialement
prévu pour 2015) d’obtenir des eaux saines ne pourra pas être atteint en France.

Décembre 2025 : L'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) publie les résultats de la campagne nationale de mesure de polluants éternels (PFAS) dans l'eau destinée à la consommation. Sur les 30 produits recherchés, 19 sont détectés dans les échantillons d'eau du robinet. L'un d'entre eux notamment (le TFA) est détecté dans 92% des échantillons. Mais l'ANSES se montre rassurant indiquant que la concentration maximum trouvée est de 20 microgrammes par litre soit bien
inférieur à la limite de 60 microgrammes "valeur sanitaire indicative" en France. Sauf que dans certains pays (Pays Bas par exemple) cette valeur limite est fixée à 2 microgrammes par litre.

Décembre 2025 : Après 3 années d'études, de consultations et de débats, la Commission Local de l'Eau (CLE) regroupant syndicats agricoles, associations de défense des consommateurs, associations écologistes et représentants du préfet, doit entériner le nouveau Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (Sage) du bassin versant de la Vilaine. L'enjeu: l’interdiction d’épandre des herbicides sur certaines aires d’alimentation d’eau potable dites prioritaires.
Las : l’entrée de la salle est bloquée par une botte de paille et un petit tracteur. Le périmètre est bouclé par de nombreux gendarmes et des drones survolent le site. La FDSEA et la Coordination Rurale en empêchent la tenue du vote.

Janvier 2026 : Le premier ministre, Sébastien Lecornu, vole au secours de la FNSEA et sous couvert de répondre aux inquiétudes des agriculteurs annonce suspendre toutes les décisions liées à la politique de protection et de gestion de l'eau dans l'attente d'une loi d'urgence à venir sur l'agriculture.

Janvier et février 2026 : Une période de pluie continue de près de 40 jours sur une majeur partie de la France provoque des dégâts considérables tant sur le plan humain que sur le plan économique et sanitaire.

Mars 2026 : En raison des fortes précipitations des semaines précédentes un dépassement du seuil réglementaire de nitrates a été détecté dans la source de la Plaine du Saulce dans le sud de l'Auxerrois. L'eau du robinet et donc déconseillée aux femmes enceintes et aux nourrissons de moins de six mois dans plusieurs communes au sud d'Auxerre.

Mars 2026 : Le Conseil d'Etat annule les nouvelles règles de création de plans d’eau dans les zones humides qui en assouplissaient les conditions.

Nous pourrions aussi parler des problèmes encore plus graves que subissent certains de nos territoires d'outre-mer privés d'au potable plusieurs jours par semaine. Nous pourrions aussi parler des réseau vieillissants, faisant la part belle aux fuites d'eau potable.

Que penser de ces faits ?
Certains s'étonnent aussi que l'on puisse manquer d'eau arguant à juste raison que la France reçoit en pluie 514 milliards de m3 (+/-15% suivant les années) d'eau alors que nous n'en utilisons que 30 milliards environ. Mais ce raisonnement est simpliste : il ne tient pas compte de l'évaporation naturelle (#300 milliards de m3) mais surtout ne tient pas compte de la répartition géographique et temporelle de ces pluies, ni du besoin d'en laisser un minimum dans les cours d'eau pour ne pas les asphyxier, ni de la nécessité d'avoir de l'eau de qualité.

Bref, loin d’être un problème unique, la question de l’eau se révèle comme une problématique où s’entremêlent quatre crises indissociables : une crise de la quantité (répartition spatio-temporelle inégale), une crise de la qualité (pollutions diffuses et persistantes), une crise des infrastructures (réseaux vétustes et systèmes de dépollution inadaptés aux polluants modernes), et une crise de la
biodiversité (écosystèmes aquatiques asphyxiés).

Quant au bilan du « plan eau » de Macron, lancé en mars 2023, il n'a pas fallu plus de 4 mois pour que les faits démentent sa qualification de "réussite " par le ministère en mars 2025: en juillet la ressource en eau renouvelable a baissé de 14 %, et la sécheresse frappe massivement. Et pour bien enfoncer le clou de cette « réussite », quelques mois plus tard le pays subit quarante jours de pluies
continues, provoquant, inondations dégâts humains, économiques et sanitaires comme rarement.

Que faire ?
Comme souvent les solution simplistes, parfaites pour la communication, sont...simplistes. Et nous serions bien présomptueux de dire ici qu'il suffit de faire ci ou ça mais on peut imaginer des pistes de réflexion – la fonte des glaciers font que les cours d'eau et les nappes phréatiques sont moins régulés dans le temps et le débit. Ce phénomène, hélas, semble impossible à enrayer. Mais il faut
absolument réguler le débit des cours d'eau, peut-être en créant des retenues sous forme de petits barrages ou en recréant des méandres et des champs d’expansion des crues alors que nous faisons actuellement tout le contraire.

Certaines cultures sont extrêmement gourmandes en eau. Il se trouve que ces cultures sont généralement destinées au bétail ou à l'export (voir aux 2 en même temps) et fortement extensive dans une logique de compétition internationale et encouragées par la PAC. A noter que ces même cultures sont généralement très consommatrices de pesticides et d'engrais qui, outre la pollution des cours d'eau que cela occasionne, nous rendent extrêmement dépendant d'industries et de matières premières étrangères.

Pour ces deux raisons, peut-être faudrait-il changer de logique : favoriser les cultures vivrières et privilégier au maximum des techniques dérivées de l'agroécologie et de l'agrohydrologie ?

Les problèmes d'infrastructures demandent une volonté politique. Donc un plan, mais aussi un suivi et surtout des moyens. Peut-être pourrions nous imaginer une banque de l'eau chapeauté par un ministère ou tout au moins un secrétariat d'état qui ait une certaine autorité ?
On peut aussi imaginer, plus encore dans ce domaine que dans tout autre, de faire confiance aux terrain à travers les agences de l'eau et les CLE ?

Soutenir République Souveraine

Aidez-nous à renforcer l'action citoyenne et à faire vivre une souveraineté populaire réelle et indépendante.

Don à République Souveraine – mouvement politique déclaré en préfecture conformément à la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique.

Les dons sont réservés aux personnes physiques majeures, de nationalité française ou résidant en France, dans la limite de 7 500 € par an et par parti politique (art. 11-4). Aucun don ne peut provenir d'une personne morale (entreprise, association, collectivité…).

Chaque don fait l'objet d'un reçu fiscal délivré par le mandataire financier de République Souveraine.

Les dons ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu égale à 66 % du montant versé, dans la limite de 20 % du revenu imposable, conformément à l'article 200 du Code général des impôts.

Inscription réussie !

Connexion réussie, bon retour !

Vous êtes maintenant inscrit à République souveraine.

Bravo ! Vérifiez vos e-mails pour obtenir le lien de connexion.

Vos informations de facturation ont été mises à jour avec succès.

La mise à jour de votre facturation a échoué.