UncategorizedProfesseur d’histoire-géographie « débutant » recherché au collège de Conflans-Sainte-Honorine : jusqu’où ira le mépris ?

3 décembre 2020

Durant quelques heures une offre d’emploi postée à l’initiative du Rectorat de Versailles sur la plateforme de Pôle emploi a suscité la réaction des internautes.

Sur l’annonce, on pouvait – avant sa suppression – lire ceci : « L’académie de Versailles recrute professeur / professeure pour enseigner l’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (78) ». Immédiatement, beaucoup se sont interrogés : s’agit-il d’un remplacement au pied levé de Samuel Paty, victime d’un attentat islamiste en octobre dernier ? A cette question bien légitime, le rectorat de Versailles a répondu par la négative.

Quand bien même, en poursuivant la lecture de l’annonce, les sources de mécontentement s’accumulent. Ainsi, dans la section « profil recherché » on voit la mention « débutant accepté », alors même qu’il ‘agit là d’un emploi pour lequel les risques sont désormais mortels. Nous déplorons par conséquent un manque total de cohérence entre les actes et les déclarations de la part des instances dirigeantes de l’Education nationale. Faut-il le rappeler ? Le 13 octobre 2020, J.-M. Blanquer s’exprimait sur la laïcité à partir d’un rapport de l’inspection générale de l’Education nationale, lequel pointait entre autres une prétendue « méconnaissance » du principe de laïcité chez certains professeurs.

C’est un fait, il existe des enseignants qui n’abordent plus la laïcité avec la ferveur qui serait nécessaire. Mais d’après nous, ce n’est pas l’ignorance qui est la cause première de ce renoncement, mais bien l’autocensure, motivée par la crainte de voir s’installer en classe un climat de défiance à l’égard du professeur, ce qui engendre de la part de certains élèves le rejet systématique de tout enseignant, voire même, de plus en plus régulièrement, des violences verbales et physiques.

Nous remarquons également l’ordre de priorités affiché dans l’annonce quant aux qualités requises. En premier lieu : « Surveiller le comportement des élèves et contrôler l’application du règlement intérieur, des consignes de sécurité et des règles de vie collective ». En dernière position de cette liste, on peut lire : « Enseigner une discipline à un groupe de personnes ». D’abord l’autorité, pour terminer par les savoirs. Voilà une conception révoltante, mais hélas de plus en plus exacte, de la pratique enseignante dans les établissements scolaires.

Revenons enfin le sur le mode de recrutement en lui-même. Ainsi, le nombre de contractuels, c’est-à-dire d’enseignants non titulaires et non concernés par les statuts de la fonction publique, a plus que doublé depuis 15 ans, pour attendre parfois 20% des effectifs dans les collèges et lycées de certains départements, en Ile-de-France notamment. Outre une logique de gestion à moindre coût, une telle dynamique est aussi en partie causée par la crise de recrutement que connait désormais l’Education nationale, notamment en raison de la dégradation du pouvoir d’achat et des conditions de travail des personnels de l’Education nationale. Bien heureusement, il s’agit dans une immense majorité de professionnels compétents. Pour autant, nous pensons que cette politique de ressources humaines rend d’une part impossible une réponse adaptée aux besoins accrus de l’école et provoque d’autre part la précarisation de cette profession au combien essentiel pour notre pays.

Commission éducation de République souveraine

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Florent Bordot

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