Réguler l’économie

L’économie française souffre des politiques imposées par la doxa idéologique de l’Union européenne : libre-échange factice, concurrence fiscale et privatisation des monopoles naturels et des biens communs.

La France ne peut survivre en continuant à brader ou abandonner ses industries stratégiques comme Alcatel, Alstom, l’acier, etc. La souveraineté retrouvée permettra de mener à nouveau une politique industrielle et d’encourager les entreprises qui embauchent et innovent, en particulier les PME.

En même temps, nous n’acceptons pas que nombre de nos compatriotes ne puissent vivre dignement de leur travail. Comme le souhaitait le CNR, la société doit accorder « la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ».

C’est pourquoi nous proposons :

  • Réaliser un audit de la dette afin de déterminer laquelle est légitime et laquelle ne l’est pas. La dette doit cesser de devenir l’horizon ultime de toute action publique.
  • Assurer à nouveau le contrôle national sur les monopoles naturels et les biens communs stratégiques : autoroutes, eau, énergie (gaz et électricité), industrie de la défense et de l’aérospatial, production de médicaments.
  • Créer un dispositif de sauvegarde par le droit de préemption temporaire de l’État sur les entreprises dont le rachat est destiné à une liquidation (LBO) ou un transfert des technologies vers l’étranger.
  • Faire de Bpifrance un véritable fonds d’investissement au service des industries participant à la souveraineté nationale et développer son activité de crédit à l’innovation et au soutien des PME, ETI et structures de l’ESS (économie sociale et solidaire), de manière à pallier l’insuffisance du secteur bancaire privé.
  • Établir une régulation bancaire stricte, comportant notamment la séparation immédiate et totale des banques de dépôt et des banques d’affaires.
  • S’inspirer des lois américaines Buy American Actet Small Business Actpour réserver les marchés publics aux entreprises qui produisent en France et à hauteur de 40 % aux PME, poumon économique du pays.
  • Interdire aux grandes entreprises et à l’État d’appliquer des délais de paiement excessifs aux PME, premier facteur de faillites en France.
  • Établir un moratoire sur la construction de nouvelles grandes surfaces.
  • Recréer un commissariat national au plan, chargé de favoriser le développement économique du pays en coordination avec les collectivités locales et dans une optique de progrès social et de préservation écologique. Cette instance devra disposer de capacités de planification et d’investissement discrétionnaires.
  • S’inspirer du modèle allemand de la participation des représentants des salariés dans la gouvernance de l’entreprise ; appliquer un écart maximal de rémunération entre le salarié le mieux et le moins bien payé.
  • Créer les conditions d’une réelle « concurrence libre et non faussée » – non faussée par le dumping social, fiscal ou environnemental – grâce à un protectionnisme raisonnable et coopératif, susceptible de restaurer une concurrence loyale. Appliquer une taxe sur les produits provenant de pays qui ne respectent pas les mêmes normes sociales et environnementales que la France. Prévoir la possibilité d’étendre les mesures protectionnistes aux produits des secteurs économiques en difficulté.
  • Investir dans la recherche – fondamentale et appliquée – et l’innovation. Assurer la souveraineté pharmaceutique de la Nation en créant une agence d’État du médicament (recherche, production et contrôle). Améliorer les conditions de travail et les financements des chercheurs, toutes disciplines confondues, pour accroître le prestige et l’attractivité des carrières dans la recherche publique.
  • Innover en inventant des programmes de souveraineté numérique en « open source » et en confier le développement technique à des entrepreneurs privés aidés par le financement public, afin de concurrencer Facebook, Twitter, Google et Microsoft. Créer une filière d’électronique de pointe et de matériels issus des technologies de l’information en Europe, sur le modèle d’Airbus. La France ne peut demeurer, non plus que l’Europe, sans aucune maîtrise industrielle et commerciale du marché crucial de l’économie numérique.
  • Afin de relancer notre machine économique, imposer une majoration générale des salaires de 3 % et une majoration du SMIC – y compris du SMIC hôtellerie et restauration– en deux ans à 1 250 euros net (+ 6 %), compensée parune aide publique pour les TPE-PME faiblement rentables ou très exposées à la concurrence internationale. Poursuivre ce plan au fil des années.
  • Revaloriser les rémunérations des fonctionnaires, notamment des plus exposés (infirmiers, pompiers, policiers) ou dont la rémunération est trop faible au regard de la qualification demandée (enseignants).
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