Journée d’hommage aux 60 ans de la révolution cubaine et aux 45 ans du coup d’État au Chili

Le samedi 13 avril, Djordje Kuzmanovic, président de République souveraine, est intervenu à la journée de réflexion en hommage aux 60 ans de la révolution cubaine et aux 45 ans du coup d’État au Chili, organisée par l’association Brandille d’art avec le soutien de l’Agora, Maison des initiatives citoyennes.

Donnant la réplique à plusieurs autres intervenants – dont Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde diplomatique et spécialiste d’Amérique latine, qui a mis en perspective les formes d’ingérence en cours au Venezuela avec celles mises en œuvre au Chili avant et pendant le coup d’État de 1973 –, Djordje Kuzmanovic a centré son intervention sur l’ingérence globale des États-Unis dans le monde, les raisons de leur acharnement contre Cuba et les enseignements qu’on peut en tirer pour la France.

Après avoir rappelé les soubassements idéologiques et économiques de l’impérialisme étasunien, il s’est arrêté sur le cas cubain. Si cette petite île a à ce point cristallisé la volonté de contrôle de son puissant voisin, c’est parce qu’elle représente un contre-modèle pour les pays en voie de développement : celui de l’indépendance. L’assujettir était crucial pour les États-Unis car ses réalisations spectaculaires en matière de santé, d’éducation, d’arts et de sport, comme sa capacité à résister malgré des centaines d’opérations de déstabilisation, ou encore son action en faveur de la décolonisation représentaient un défi à leur domination.

La France connaît aujourd’hui un processus de vassalisation rapide où toute manifestation d’indépendance est sanctionnée. Le discours de Villepin à l’ONU en 2003 fut le chant du cygne de notre souveraineté géopolitique. Depuis, Sarkozy a réintégré la France dans le commandement de l’OTAN et Hollande a autorisé le retour des troupes de l’alliance sur le territoire national – 50 ans après que de Gaulle les en a chassées. Hollande s’est en outre distingué comme le parfait commis de la Maison blanche au travers de l’affront diplomatique qu’il a infligé à la Bolivie en arrêtant, en pleine nuit, l’avion d’Evo Morales pour vérifier si Snowden ne se trouvait pas à bord. Enfin, Macron milite aujourd’hui pour une intégration européenne accélérée et une armée européenne sous supervision de Washington, tout en bradant aux États-Unis notre fleuron industriel Alstom.

Djordje Kuzmanovic a conclu en soulignant que tout gouvernement souhaitant restaurer la pleine souveraineté de la France – en se montrant indépendant sur la scène internationale, mais aussi en appliquant sur son sol des politiques divergeant du modèle ultralibéral – devra garder en tête les leçons du passé et se tenir prêt à résister aux tentatives de déstabilisation probables des États-Unis.

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