Faire de la santé un droit inaliénable

Le système de santé français, longtemps inégalé, est aujourd’hui confronté à de graves problèmes. Le financement insuffisant des hôpitaux menace tant l’accès de tous aux soins de qualité que les conditions de travail des médecins et des autres professionnels de santé. Le nombre insuffisant des médecins multiple les déserts médicaux et crée des délais d’attente insupportable dans certaines spécialités. La santé est de moins en moins vue comme un droit, et de plus en plus comme un service, ce qui crée un système de soins à plusieurs vitesses.

Cela est insupportable. Tous les citoyens français doivent avoir accès à tous les soins nécessaires, gratuitement et dans des délais raisonnables. C’est un principe de civilisation.

De plus, le renoncement aux soins faute de moyens ou de possibilité matérielle conduit à la dégradation du niveau de santé des populations fragilisés, ce qui augmente les dépenses de santé globales (une fois développées, les pathologies graves sont plus difficiles à soigner), handicape l’économie (des citoyens malades sont des travailleurs dont la productivité baisse) et menace la sécurité sanitaire du pays tout entier (les malades non traités augmentent la portée des épidémies, aggravent le développement des bactéries multirésistantes, etc.).

Il faut mettre fin à cette régression :

  • Mettre en place un système universel d’assurance-maladie, pour tous les Français, par absorption de tous les régimes santé et des mutuelles.
  • Arrêter la destruction du système hospitalier public et le refinancer à la hauteur des besoins afin d’assurer l’accès aux soins de qualité à tous les citoyens.
    • Mettre fin au système de financement à l’acte (T2A) qui déshumanise l’hôpital, en faisant une machine économique ;
    • Refuser la fermeture des hôpitaux, cliniques et maternités peu « rentables » au prétexte de constitution de grands pôles de santé. Assurer la présence de structures de santé en nombre suffisant et à une distance raisonnable en tout point du territoire.
    • Repenser le système d’urgences et de garde afin d’arrêter le scandale tant du côté des patients (des heures d’attente dans des conditions indignes, une prise en charge tardive responsable de drames fréquents) que des médecins (des gardes de 48 heures, épuisantes et dangereuses pour la santé des soignants et de leurs patients).
    • De façon générale, améliorer les conditions matérielles et psychologiques du travail à l’hôpital, les suicides des soignants étant un signal d’alarme dans ce domaine.
  • Lutter contre le manque de médecins et les déserts médicaux par tous les moyens :
    • Mettre fin au système de numérus clausus ;
    • Créer un système d’incitations financières encourageant l’installation des médecins en zones sous-denses ;
    • Généraliser, partout où c’est nécessaire, la création de centres de santé départementaux où les médecins sont salariés.
  • Assurer le remboursement intégral de tous les soins nécessaires, y compris en matière dentaire et ophtalmologique (hors soins de convenance personnelle et produits de luxe), grâce à la refondation de l’assurance-maladie.
  • Promouvoir la médecine de prévention, sur le modèle des pays scandinaves, qui permet d’éviter la survenue ou l’installation des pathologies graves et bénéficie tant au bien-être de la Nation qu’à son budget et à son économie.
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