Élections générales au Royaume-Uni : le prix du mépris et de la naïveté

Manifestants pro et antieuropéens devant le Parlement à Londres le 28 octobre 2019.   
© WIktor Szymanowicz / NurPhoto

Le Premier Ministre anglais Boris Johnson a gagné son pari, celui de transformer les élections générales britanniques qui se sont tenues jeudi 12 décembre 2019 en véritable référendum, non seulement sur le Brexit, mais également contre l’ancienne Chambre des Communes qui, par son attitude, ne cherchait qu’à s’opposer à la claire expression de la volonté du peuple souverain, celle de quitter l’Union européenne.

République Souveraine invite notamment les souverainistes français à tirer trois grandes leçons de ce rendez-vous électoral aux résultats on ne peut plus clairs.

 Tout d’abord, nous en sommes arrivés à un point où l’ambiguïté ne paie pas car le réel, lui, est tranchant. Le parti travailliste britannique a subi une cuisante défaite jusque, et surtout, dans ses fiefs historiques ouvriers du nord. Il a cherché  par une ambivalence quasi-schizophrénique à se ménager la bienveillance de l’oligarchie londonienne  pour reprendre le pouvoir, il n’aura ni l’un, ni l’autre. Il aura de plus largement contribué à faire croître l’abstention.

Ensuite, les peuples souverains sont prêts à assumer leurs choix fondamentaux de souveraineté y compris dans la tourmente. Ils sont souvent  bien plus courageux que ceux qui disent les représenter. Les partisans d’un second référendum et leur mépris tout oligarchique en sont pour leur frais, les médias européistes  pariant sur  un revirement de ce grand peuple qui a traversé les pires adversités se sont également, et une fois de plus, ridiculisés. Ils n’en tireront aucune conséquence tant est religieuse leur haine des peuples.

Enfin, et surtout, la porte de sortie récemment offerte par l’Union Européenne, ce fameux article 50, est  non seulement inopérante mais mortifère. Il donne toute latitude à l’oligarchie pour punir de son courroux de salon les peuples réticents. Il mène le Royaume-Uni au bord de l’implosion, en Ecosse et en Irlande du nord  notamment, et conduira à l’adoption de compromis qui se feront au détriment des classes populaires britanniques mais aussi européennes.

 Une sortie de l’Union Européenne dans l’intérêt des peuples  ne se fera pas avec les instruments de l’Union Européenne, cet oxymore ne doit plus faire illusion. Elle sera le résultat d’une préparation méthodique anticipant un rapport de force. Il faut réinvestir promptement  nos outils de souveraineté, résister à  un  adversaire puissant et déterminé, faire fonctionner notre pays au grand dam  des juristes bruxellois et montrer ainsi  à d’autres peuples que l’émancipation  leur est non seulement possible mais bénéfique.

Une sortie de l’Union Européenne, enfin, doit être un moyen autant qu’une fin. Elle ne doit pas viser la création de nouveaux enfers sociaux et déserts fiscaux tels le « Singapour sur Tamise » que promettent les tatchériens du parti conservateur  anglais, elle doit viser la réparation  des dégâts intellectuels et sociaux de l’ordo-libéralisme germano-bruxellois.

Communiqué de la Comission Affaires étrangères de République souveraine.

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