Deliveroo

Entreprise

  • Effectifs :
    • 4 employés soit 1 en équivalent temps plein
  • Nombre de rendez-vous officiels avec la commission : 1 rendez-vous
  • Dépense environ 100 000 euros en lobbying.
    http://deliveroo.co.uk

Deliveroo change le mode de rémunération de ses livreurs en septembre 2017. Le syndicat français CGT estime que les pertes de revenus seront de l’ordre de 30 à 40 %10.

La multinationale emploie essentiellement en France des « micro-entrepreneurs », c’est-à-dire que les livreurs n’ont pas un contrat de travail mais un contrat de partenariat. Ce qui permet à l’employeur de se désintéresser des questions d’horaires de travail, de droit aux congés payés, de formation, de conditions préalables au licenciement ou de redistribution de la valeur ajoutée à travers les mécanismes d’intéressement et de participation. La sécurité de l’emploi n’existe pas car le contrat qui unit l’autoentrepreneur à son dirigeant est possiblement destructible à tout moment par les deux parties.

D’après le journaliste économique Jean Philippe Martin, le modèle social et économique de Deliveroo « repose sur une masse de précaires toujours plus nombreux. Inscrits en deux trois mouvements sur la plate-forme, ils sont mis en concurrence sur fond de pénurie de travail. Payer les coursiers uniquement à la tâche permet à Deliveroo de recruter autant qu’ils veulent, puisqu’un livreur qui attend une commande ne lui coûte rien du tout ». Deliveroo payait les coursiers 7,5 euros de l’heure avec un bonus allant de 2 à 4 euros par course. À partir du 1er septembre 2017 jusqu’au 1er août 2018, l’entreprise à décidé de rémunérer les travailleurs 5,75 euros à Paris par course, et 5 euros hors Paris, sans prendre en compte la durée ou le trajet.

Selon un article du site Mediapart, l’inspection du travail aurait déposé au parquet de Paris en février 2018 un procès verbal dénonçant des infractions commises sur ce plan par la plateforme, et montrant que les livreurs de repas à domicile devraient, selon la description de leur poste, être sous un contrat de travail. L’Urssaf estime que le montant des cotisations non versées en 2015 et 2016 dépasseraient les 6,4 millions d’euros. C’est un dossier qui pourrait déboucher sur des poursuites pénales. En juin 2018, selon Mediapart, le parquet de Paris aurait confié à l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) une enquête préliminaire sur Deliveroo France, car la société et ses dirigeants seraient soupçonnés de « travail dissimulé ».

Deliveroo change de nouveau son modèle de rémunération après une phase de test du 27 juin au 31 juillet 2018, ce qui provoque une nouvelle fois la colère de ses livreurs. La course passe du montant fixe de 5,75 euros par course à Paris (5 euros en province) à un montant variable comprenant 2 euros à la récupération de la commande + 1 euro pour la livraison + un montant calculé sur la base de la distance parcourue. Le montant minimum pour une course n’est pas le même selon les villes (4,80 euros sur Paris). Cependant le collectif des livreurs autonome de Paris considère que la variable calculé sur la base de la distance parcourue est calculé a partir de variables non énoncé par Deliveroo avec entre autre la prise en compte de la distance à vol d’oiseau.

En octobre 2018, la presse relaie un grand nombre d’articles qui créent la polémique à propos de la sous-traitance de comptes Deliveroo, autorisée sous certaines conditions. Certains « loueurs » peu scrupuleux sous-louent leurs compte à des migrants, parfois à des mineurs, dans des conditions complètement illégales. En échange, ils récupèrent jusqu’à 50 % de leurs recettes. Le buzz médiatique est tel que Deliveroo n’a d’autre choix que de s’emparer du dossier. Un courriel est envoyé à tous les coursiers de l’enseigne à la mi-octobre 2018 pour leur rappeler les règles de la sous-traitance.

Sources : Lobby facts , Transparency register, Corporate europe

Quelques faits d’armes

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