La santé : un droit non négociable, le cœur du système social français

Le système de santé français, longtemps inégalé, est aujourd’hui confronté à de graves problèmes. Les déserts médicaux se multiplient, les cliniques et les maternités de proximité ferment, les hôpitaux sont mal financés. Les délais d’attente s’allongent toujours plus, et les urgences sont surchargées.

Cela donne, d’un côté, des médecins et des professionnels de santé surchargés, épuisés et stressés ; et de l’autre, des patients mal soignés et des drames insupportables – décès aux urgences, accouchements sur la voie publique.


La santé est de moins en moins vue comme un droit, et de plus en plus comme un service, ce qui crée un système de soins à plusieurs vitesses.
Alors que ceux qui en ont les moyens se font soigner sans attendre chez des spécialistes hors de prix ou dans des cliniques privées, de plus en plus de Français renoncent aux soins faute de pouvoir y accéder : dépassements d’honoraires, absence de médecin ou d’hôpital à proximité, médicaments mal remboursés. Cela fragilise la santé globale de la population, crée des pathologies difficiles à soigner et revient finalement plus cher tant au budget de l’État qu’à l’économie française.


Cela est insupportable. Tous les citoyens français doivent avoir accès à tous les soins nécessaires, gratuitement et dans des délais raisonnables. C’est un principe de civilisation et du bon sens économique (mieux vaut prévenir que guérir).


Pour mettre fin à cette régression, il faut repenser le système de santé pour lui redonner une base solide.
L’assurance-maladie doit redevenir un système global de solidarité nationale, universel et unique pour tous les Français, par absorption de tous les régimes santé et des mutuelles. Tout le monde, quels que soient ses revenus et son lieu de résidence, doit recevoir tous les soins nécessaires, dans des délais raisonnables et gratuitement.


Il faut arrêter la destruction du système hospitalier et le refinancer à la hauteur des besoins. Le financement à l’acte (T2A), qui déshumanise l’hôpital et pousse à augmenter les cadences, doit être rejeté. Plutôt que de fermer maternités et cliniques, il faut en construire, partout où c’est nécessaire.


Il faut également augmenter le nombre de médecins et des autres professionnels de santé, encourager leur installation là où il en manque et créer, partout où c’est nécessaire, des centres de santé gérés par la puissance publique.


Tout cela sera bénéfique tant pour les conditions de travail des professions médicales que pour la prise en charge des patients. Avant toute « rentabilité » – terme qui ne devrait pas s’appliquer à la santé de nos concitoyens –, il faut reconnaître cette nécessité et se donner les moyens d’y répondre.

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