British American Tobacco

Entreprise

  • Effectifs :
    • 7 employés soit 2,5 en équivalent temps plein
    • 7 accréditations pour aller et venir à leur guise dans les institutions européennes.
  • Nombre de rendez-vous officiels avec la commission : 3 rendez-vous.
  • Dépense environ 2 499 500 euros en lobbying.
    http://www.bat.com

L’une des cinq plus grandes multinationales du tabac, British American Tobacco (BAT) possède notamment les marques Lucky Strike, Kent, Pall Mall, Benson & Hedges et Rothmans. En 2012 et 2013, elle a mené un lobbying agressif contre la directive sur les produits du tabac de l’Union européenne, publiant une étude d’impact qui ne s’intéressait qu’aux conséquences économiques et exagérait les pertes d’emploi tout en passant sous silence les avantages de la directive en termes de dépenses de santé. En 2015, la BBC a révélé que BAT a versé des pots-de-vin aux responsables gouvernementaux de certains pays africains afin de faire échouer le traité international anti-tabac des Nations-Unies.

Cette entreprise a eu une stratégie de long terme dans le lobbying bruxellois. L’initiative « Mieux légiférer » est un rêve devenu réalité pour les grands cigarettiers, qui peuvent utiliser les études d’impact sur les entreprises pour retarder les législations antitabac. Pendant des dizaines d’années, BAT a réclamé ce type d’évaluation afin de s’assurer que les risques pour son bénéfice net restent au cœur des préoccupations et des décisions politiques. Elle se pensait en mesure, du fait de son pouvoir d’influence, de rendre extrêmement compliquée la mise en place de régulations pouvant nuire à ses bénéfices. Tout ceci faisait également partie d’un plan visant à vaincre le « principe de précaution » dans l’élaboration des législations européennes, parce que celui-ci donne la priorité à la réduction des risques, avec pour conséquence l’adoption de restrictions ou d’interdictions decertaines formes de consommation du tabac dans le but d’enréduire les dégâts en termes de santé publique.

BAT est également active dans le domaine de la politique commerciale de l’Union européenne. En 2015, la Commission s’est livrée à un exercice de dissimulation en refusant de divulguer le détail des rencontres entre ses fonctionnaires et le secteur du tabac dans le cadre des négociations du TTIP/Tafta. Des membres de la Commission avaient rencontré et échangé avec des lobbyistes de British American Tobacco et Philip Morris. Cependant, nous n’en avons pas appris beaucoup plus des documents auxquels nous avons pu avoir accès. La totalité ou presque des informations, dont les noms des fonctionnaires et des lobbyistes des cigarettiers présents lors de ces rencontres, les questions abordées, les dates de certaines réunions et même les numéros de page, avaient été expurgés !

L’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac (dont l’Union européenne est signataire) impose pourtant une quasi absence de contact entre les lobbyistes du tabac et les législateurs, et une transparence totale lorsque de tels contacts auraient lieu.

BAT est membre d’une ribambelle de lobbies, chambres de commerce, think-tanks, réseaux professionnels et autres groupes paravents, dont l’American Chamber of Commerce (Chambre de commerce américaine), la British Chamber of Commerce (Chambre de commerce britannique), BusinessEurope, l’European Policy Centre, le European Risk Forum, la European Smoking Tobacco Association (Association européenne des fumeurs de tabac) ou encore le European Smokeless Tobacco Council (Conseil européen du tabac sans fumée).

Sources : Lobby facts , Transparency register, Corporate europe

Quelques faits d’armes

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